Fantasme d’un retour au texte d’origine

18 juin 2019

2. Transmission : littéralement le mot « Coran » signifie récitation. Muhammad a récité les sourates à son entourage, puis ses successeurs aux uns et aux autres si bien que différentes versions circulent jusqu’au Xème siècle. « Du temps de Muhammad le Coran était un texte vivant connu surtout pour sa dimension orale, même s’il existait déjà des notes écrites « comme l’a suggéré Angelika Neuwirth doyenne des études coraniques en Europe. Selon un hadith, Muhammad a affirmé « qu’il y avait sept lectures autorisées » d’une sourate et selon Sufyan Al-Thawri (716-778) soixante-sept lectures possibles.

3. Codification : l’historien Tabari (839-923) relate que c’est AbuBakr, compagnon du prophète et premier calife qui aurait demandé à un scribe de mettre par écrit le texte complet du Coran en utilisant des feuillets conservés par Aïcha, sa fille veuve de Muhammad. D’autres compagnons en firent autant. Le troisième calife, Othman, aurait alors commandé une nouvelle recension et détruit nombre de versions princeps. Certains de ses rivaux le lui reprochèrent « le Coran était multiple et tu l’as fait un ».

Aujourd’hui, le texte le plus largement répandu a été publié par l’université cairote Al-Azhar en 1928 mais n’est pas fondé sur l’étude des manuscrits anciens dont certains du VII siècle, qui sont nombreux (quelques centaines) en Egypte et au Yémen notamment.

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